Projet futur TDM
Bonsoir,
Ma petite famille et moi (5 en tout) projetons de faire un TDM d'ici 5 ans (sous réserve que tout se goupille bien).
J'ai effectué un stage au glénans afin d'avoir les bases de la voile.
Dans la foulée j'ai acheté un Rush qui nous permettra de se faire la main tranquillement pendant les vacances et week end.
Je me rends compte de la foule de choses a apprendre avant d'envisager un programme aussi important que le TDM, j'aurais besoin de conseils pour savoir quels sont les points a travailler pour préparer/organiser tout ceci.
-Quels sont les moyens de connaitre les routes a emprunter, a quelle saison, quels en sont les dangers...
-Est il obligatoire de parler l'anglais ou l'espagnol ?
-Quels préparatifs obligatoires (en dehors de l'armement du voilier) a prévoir ?
-Existe il un ou des livres qui puissent aider ?
-N'avez vous pas rencontrer trop de difficultés avec les enfants ?
et j'en oublie certainement...
Je suis curieux d'entendre tout témoignages de personne ayant fait le grand pas.
En attendant, pour les prochaines vacances, auriez vous un programme sympa et tranquille a me proposer sur 10-15 jours au départ de Port Barcarès, qui puisse permettre de se faire la main sans prendre trop de risques ?
Au plaisir de vous lire
En deuxième, lire hisse-et-oh tous les jours, afin de profiter des avanies que les gens décrivent tous les jours ici, et surtout des astuces et conseils fournis par tous ceux qui les ont déjà rencontrés et résolues/dépannées... Une mine d'informations en tout genre, exactement ce qu'il faut quand on prépare un tel projet avec 5 ans devant soi.
Est il obligatoire de parler l'anglais ou l'espagnol ? Ben, c'est pas tant que c'est obligé, mais si on décide de partir autour du monde, c'est sans doute un peu pour rencontrer du monde. C'est vrai, y a le langage des signes mais une fois qu'on a réussi à dire qu'on avait faim/soif/sommeil, c'est un peu limité pour échanger...
Quels préparatifs obligatoires (en dehors de l'armement du voilier) a prévoir ? Le bateau, son/ses skipper(s), son/ses équipier(s). Et souvent le maillon faible, c'est pas le bateau...
Et quand on parle du skipper, on parle de tous les domaines dans lesquels il doit développer certaines connaissances/compétences transverses, car le "maniement" pur et simple du bateau tombe sous le sens: météorologie, mécanique diesel, électricité, premiers secours, matelotage, plomberie.
Existe il un ou des livres qui puissent aider ? Certains diront les glénans, d'autres "la voile pour les nuls", les deux, c'est encore mieux. Pour mieux comprendre ce que représente un tel projet, la lecture/vision de certains blogs/vlogs peut aider à mesurer l'ampleur du projet: dans les vlogs, essayez surtout de regarder ceux qui vous montrent à quoi ils sont confrontés, plutot que ceux qui vous font rêver avec des décors magnifiques.
N'avez vous pas rencontrer trop de difficultés avec les enfants ? Y a pas deux enfants pareils, mais ce qui me semble certain, c'est que la réponse à cette question est essentiellement proportionnelle à l'âge qu'ils auront au moment du départ (hint: le plus tôt, le mieux).
NB: il y a généralement au moins un post par trimestre comme celui ci d'une personne qui vient pour chercher des infos en vue d'un prochain tour du monde. Donc, en commençant par éplucher leurs posts, vous aurez déjà un sacré paquet d'infos.
Trop de question.
Lire régulièrement des sites de problème (ici).
Pratiquer en famille et en solo.
Naviguer, naviguer et encore naviguer; cela fera un premier tri dans tes questions et répondra déjà à beaucoup d entre elles . Perso j ai préféré, à l époque, annoncer comme première ambition de voyage celle de traverser l Atlantique ( combien claironnent un projet de TDM pour finalement s arrêter aux Canaries ?)
Un but modeste met moins de pression et n empêche nullement de l étoffer par la suite ..
Pour te faire la main, tu as un parfait terrain d exercice entre le Golfe du Lion et Minorque !
Consulter des sites de ceux qui vous ont précédés. Certains sont remarquables avec de nombreuses réponses techniques. Sur HeO il y avait une longue liste de ces sites.
On peut par exemple démarrer par et passer de liens en liens.
Il y a aussi tous les livres équivalents à lire.
Le présent s'appuie sur le passé.
Merci de vos réponses,
Je lis HeO sans être inscrit depuis quelques mois...
Voir les problèmes et les solutions proposées est très instructif.
Le but de ma démarche est justement d'apprendre au maximum avant le grand saut.
Nous avons justement acheté notre premier voilier dans cette optique, cela nous permettra de nous amariner mais aussi de nous éprouver sur de courtes périodes mais qui aideront a savoir ce que l'on souhaite.
Je parle de TDM mais a vrai dire la seule chose dont nous soyons sur c'est de vouloir partir pour un long voyage.
Le projet n'en est qu'a ses balbutiements...
Nous avons la chance d'avoir de jeunes enfants (5,2 et 8 mois) nous pourrons les habituer facilement je pense, la plus grande est déjà fan.
Le but de ma démarche est effectivement de bénéficier de l'expérience des autres, malgré toute l'envie et la motivation, se mettre soi et surtout la famille a la merci des éléments est une décision a ne pas prendre a la légère, c'est surtout sur cet aspect que porte mes inquiétudes...
Pour le choix du bateau, on verras quand on se rapprocheras du but.
Par contre mettre se temps a profit pour travailler l'anglais et l'espagnol serait judicieux.
Certains on t'ils une expérience récente (compte tenu des nouvelles loi) sur l'instruction en famille ?
Tu as fait UN stage aux Glénans.
Tu as déjà acheté un voilier, le rush.
Peux-tu faire un rapide retour d'expérience de tes premières navigations ?
Merci!
Je ne crois pas en l'acquisition spontannée des connaissances. On peut se faire sa propre expérience, mais avec 2 enfants en bas âges, c'est pas seulement ta peau que tu risques.
Donc de la formation.
Trouver une excellente école, avec des moniteurs professionnels qui savent, eux, de quoi tu as besoin : gagner le 0,1 noeud par réglage affiné de la voile n'a aucun sens en grand voyage; par contre, choisir un point d'atterrage ou un abri, savoir mouiller, organiser la sécurité de l'équipage, faire un avitaillement pour 20 jours, etc., ça a son importance. Ecole bien choisie, 3 ou 4 semaines sont suffisantes pour ta première traversée de la nuit. Ensuite, tu engranges les expériences. Puis il y a tout le reste. Formations moteur, électricité, électronique. Météo. Secourisme, mais aussi médecine d'urgence en mer; cela ne s'invente pas. Certaines choses s'apprennent avec des bouquins, d'autres non.
Pour l'école, il y a le CNED.
Pas besoin d'autorisation pour faire l'instruction en famille dès lors qu'on est à l'étranger. Le problème est l'inscription au CNED, qui peut être refusée et devenir payante; Mais il existe d'autres établissements.
Le retour se passe toujours bien, tant que l'enfant a moins de 16 ans : intégration dans sa classe d'âge, éventuellement avec un examen de niveau (mais les niveaux sont tellement faibles que...). Pour les cas particuliers, saut de classe ou autre, le plus facile reste le privé, généralement plus souple et adaptable.
Trimaran, je ne sais pas quelle(s) expérience(s) tu as de l'enseignement par les parents, mais je te trouve bien réducteur dans ton jugement.
Depuis que le monde existe, il y a eu des parents pour dispenser avec plus ou moins de réussite l'enseignement à leurs enfants. C'était sans doute très compliqué il y a quelques siècles, ça l'est encore aujourd'hui, même si ceux qui s'y essayent désormais peuvent largement s'appuyer sur les retours d'expérience des autres par le biais de forums, groupes d'échanges, ou autres, tout en bénéficiant d'outils pédagogiques, de guide de méthodologie qui n'étaient pas disponibles avant.
Alors, oui, enseigner, c'est un métier, enseigner à ses enfants, c'est se rajouter une difficulté, pour autant, certains s'y sont adonné pour leur plus grand plaisir et celui de leurs enfants.
Bref, tout ça pour dire que ça ne doit certainement pas représenter un obstacle infranchissable, en revanche, il vaut mieux s'y préparer.
Philippe·le 07 déc. 2022 13:09
Niveau administratif, je ne suis pas à jour pour les enfants à bord. Par contre, niveau "fonctionnel", j'ai.
Nous avons eu nos 3 filles à bord pendant des années. La plus grande est allée à l'école irrégulièrement en Martinique, à Atuona aux Marquises, à Darwin en Australie et à La Réunion entrecoupés d'années au CNED avant de rentrer au Collège à Vannes en 4eme. Les deux petites nées à La Réunion ne sont jamais allées à l'école avant de rentrer au CP en France.
Les 3 se sont très bien adaptées. Elles avaient en rentrant un grand désir d'école qui les a fait y aller avec plaisir.
Elles ont toutes les 3 fait de très belles études et maintenant, 25 ans plus tard, ont toutes les trois de très beaux postes.
Les enfants des amis de l'époque sont souvent dans le même cas.
Leurs enfants ont généralement très bien réussi leur scolarité, ont de belles professions.
Ils bossent beaucoup, comme nos filles, hors de France. Leur enfance itinérante leur ont ouvert des horizons que n'ont pas forcément les sédentaires et quand on revoit nos amis, nos enfants sont à Tokyo, Los Angeles, Seattle, Nouméa ou Cayenne.
Avoir ses enfants à bord est non seulement un grand plaisir, mais aussi, je pense très positif pour eux.
@Trimaran: pardon, mais là, tu abuses quand tu dis ceci: "Et pour répondre à la dernière phrase de ED, si c'est pour avoir un enfant qui à 9 ans, ne sait pas bien lire écrire et compter..."
Parce que si c'est pour opposer à l'école française, dans laquelle on ne trouverait à 9 ans QUE des élèves qui savent BIEN lire, écrire et compter... Je ne voulais surtout pas faire ici le procès de l'école française, mais je ne pouvais pas laisser passer cela sans réagir.
Il parle sans doute d'un enfant inscrit dans l'école publique ? Résultat magnifique sorti dernièrement dans une étude faite par le ministère sur l'évolution du niveau des élèves en orthographe depuis 30 ans : les élèves font 2 fois plus d'erreurs aujourd'hui qu'en 1987, sur la même dictée.www.ouest-france.fr[...]51915d8 Une étude sur le calcul donneriat sans aucun doute la même tendance. Il faut savoir que des jeunes en licence (parmi les meilleurs car ayant passé un concours sélectif) ne savent pas résoudre la division 3/7 sans la calculette....Quand on connait le niveau des enseignants recrutés depuis 15 ans, cela ne surprend pas du tout.·le 07 déc. 2022 13:56
Il te faut des compétences dans diverses domaines ou bien t'appeler et hériter de Rotchill ...
- Électricité, electronique, Météo marine, Bricolage diverse, mécano, couture. Quelques notions en epoxy et bois.
Et à la fin, dernière année savoir régler tes voiles et naviguer. (ce domaine peut se faire aussi en école)
Pour le programme tout dépant du temps que tu veux y consacrer donc rdv dans 5 ans pour le savoir et donc etudier ou tu compte aller...
Moi j'ai eu la chance de venir du domaine de l'informatique/electronique donc je maitrise deja ce sujet, puis la météo numérique et le bricolage a mes temps perdu. Le reste j’étudie depuis chez moi avec ma bibliothèque PDF et vidéos YouTube.
Voici quelques sujets qui me semble pertinent avant de partir que tu retrouve sur ma chaine :
Purée , maintenant tout le monde veut être yotubeur , j aime le terme " sur ma chaine " ...
Bonsoir,
5 ans, quand on part de rien, c'est beaucoup et peu à la fois.
Il faut savoir manier le bateau avec toute la dextérité requise ET pratiquer l'entretien quotidien de l'embarcation. En mer, il faut être capable de parer à toutes les éventualités qui se présentent. Bien sûr, outre la compétence, posséder l'outillage et les pièces détachées diverses et variées.
TOUT peut tomber en panne, parfois au très mauvais moment.
Dès que tu quittes la France, il est beaucoup plus difficile de trouver des pièces détachées. Les professionnels idem. La barrière de la langue est forcément un frein.
Tes premières escales te conduiront vers Madère et les Canaries. Ne compte pas sur des mouillages non rouleurs. Trouver une place au port est un vrai parcours du combattant qui pourrit un peu la qualité des escales.
Il va falloir que tu composes avec un truc qui s'appelle l'ARC. Au nom de cette association, les places de port leur sont réservées et toi, tu ne comptes pas. (Je t'en parle en connaissance de cause car je suis en plein dedans...)
Loin de moi de te brosser un tableau négatif, mais attends toi quand même à des désillusions et un travail acharné.
Quelques chaines Youtube sont intéressantes, comme "Poussés par le vent" ou "Silkap". Mais la plupart préfèrent montrer leurs nanas dénudées ...
Bon courage, le compte à rebours à démarré!
Patrice
Bonjour Trimaran,
Je suis bien d'accord avec toi. on a tous des exemples comme le tien à citer. Mais pour quelques exemples de bonheur, il y a beaucoup de désillusions, voire de drames.
Aller dire à un néophyte que la voile c'est facile est pour moi un non-sens.
Faire Lorient/Groix un jour de beau temps par 10 noeuds de vent ressemble en rien à ce que notre ami décide d'effectuer.
Inciter les gens à naviguer, c'est bien. Mais pas n'importe comment.
Bonne journée,
Patrice
@Ar-men tu as raison , il faut aimer ce genre de vie , beaucoup quittent leurs vies confortables , stables , pas d aventure tout est réglé , vers justement une grand inconnue , des moments difficiles , le bateau qui te fait chier avec des pannes , le mauvais temps , la mauvaise nuit de sommeil etc ... perso , beaucoup de voyage sur l eau en grande période , avec ma femme on aime ça , la tu as ta vie entre tes mains ....
D'après ce que j'ai pu voir, la difficulté principale liée aux départs et à la navigation, ce n'est pas tant la question technique que les problèmes moraux et mentaux.
Mener un bateau n'est pas difficile. Techniquement, on sait vite orienter ses voiles, prendre un ris ou suivre une route avec un GPS.
La difficulté et ce pourquoi on trouve des bateaux en vente nombreux aux Canaries, aux Antilles ou à Tahiti, c'est que partir loin, en responsabilité, sans échappatoire est quelque chose qui ne s'apprend pas et que peu de gens ont vécu avant de partir.
La réalité est souvent bien différente du rêve. Le temps pas toujours beau, le matériel tombe en panne, parfois le mal de mer est présent et l'angoisse du départ insupportable.
Beaucoup essayent de se rassurer en suréquipant leur bateau, en mettant ceinture, bretelles et doubles bretelles, mais malgré cela, l'angoisse demeure.
Je pense que la navigation lointaine n'est pas faite pour tout le monde.
Il ne faut pas oublier que c'est des programmes longuement murit (regarde notre ami, 5 avant, il y est déjà).
Il y à une semaine, je discute avec un fameux cata à,500 000€, il avait une semaine de retard sur leur programme! Franchement, je sais pas où ils sont dans leurs têtes, mais question CB et matos neuf, pas DDE soucis.
Ils me font penser à cette chinoise, vue à Honfleur, prenant des photos,de côté, sans même regarder, et font l'Eurpppe en 5 jours(véridique).
5 ans pour maitriser l'anglais et l'espagnol, ça le fait.
Bonjour,
j'en reviens à mon propos plus haut.
Je viens de passer une trentaine d'heures pour relier Gran Canaria à La Palma aux Canaries. 140 nautiques avec une mer dure et un énorme orage en apothéose, genre film à grand spectacle pour donner des frissons. Sauf que là, les acteurs, c'étaient nous. Et pas moyen de sortir de la salle de cinéma...
Je pensais à notre ami novice, seul à gérer le bateau, Maman à l'intérieur, s'occupant des petits apeurés.
Des situations qui demandent un sang froid, de l'expérience.
Je ne dis pas çà pour faire peur. Cela peut arriver très vite, d'autant que la météo ne prévoyait pas cela. La prévision était vent de travers de 20 noeuds: aucune difficulté à priori.
Bonne journée,
Patrice